Poème

De Lourdes, où la Fraternité fait une semaine de retraite, nous vous partageons ces lignes reçues hier par internet !
On attend toujours des grâces inattendues, des "cadeaux-surprises", des rencontres surprenantes que nous réserve la Sainte Vierge quand on vient en pèlerinage à Lourdes ... et la première fut pour nous ce poème reçu par mail avec une demande d'autorisation de le publier !
Les parents de Vianney-Marie, en le lisant, furent bien émus et ne se doutaient pas que l'on puisse aussi bien comprendre de l'intérieur ces sentiments simples qui font la beauté de ce poème alors que l'auteur - autant que nous le sachions - ne côtoie pas au quotidien cette "différence étonnante" qu'est la trisomie 21

Voici donc ces lignes reproduites avec l'autorisation de l'auteur dont nous dirons juste qu'il a juste pu voir Vianney-Marie de temps à temps à la messe paroissiale et qu'il a assisté récemment à une des représentations de la pièce St Jean-Paul II

Grand merci donc à Bernard !!!
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Un trésor unique





Dans ma tête, j'ai comme une prison sans barreaux

Je touche parfois de ma main les murs si hauts

J'aimerais tant connaître ce qu'il y a derrière

Dans ma cage dorée, je crée mon univers

J' y invite mes parents, mes frères et ma sœur

Mes compagnons « de fortune » avec leur grand cœur



Je suis différent, je le sais, je le ressens

C'est le Bon Dieu qui l'a voulu, je n'y peux rien,

Pourquoi ? Comment ? Cela n'a aucune importance

Seuls comptent l'amour, la tendresse de tous les miens

Leurs sourires, parfois leurs larmes, leurs joies, leurs douleurs

Je sais ce qu'ils ressentent tout au fond de leurs cœurs



J'essaie de bien écouter, de bien obéir

Je n'y arrive pas toujours et çà m'énerve

Je voudrais tant leur faire sans cesse plaisir

Ne plus être celui qui leur pose problème

Alors je prie le Bon Dieu pour qu'il me soutienne

Pour qu'il protège mes amis et tous les miens



Je sais que l'on me regarde bizarrement

Je pense que je fais peur involontairement

Souvent, les gens craignent ce qu'ils connaissent mal

Mais ce n'est pas de leur faute ils ne savent pas

Dans leurs regards, je vois la gène ou la pitié

Cela me fait mal car je ne peux l'ignorer



S'ils savaient tout l'amour que j'ai au fond de moi

Les trésors de tendresse enfouies dans mon cœur

Comme tout le monde, je chante, je ris, je pleure

Je vis ma vie et pour demain, j'ai de l'espoir

Et tous les soirs, je pense à ma journée passée

Aux progrès que j'ai malgré tout réalisés



Je joue au foot ou je cours avec mes amis,

Même que j'ai fait du kayak sur la rivière

Je prends des cours d'orthophonie c'est difficile

Je progresse lentement et j'en suis très fier

Mais ce que je préfère      : c'est jouer au théâtre

Entrer dans mon rôle et dans le personnage



J'ai interprété le bon pape Jean-Paul Deux

C'était bien difficile mais j'étais très heureux

Cela m'a bien ému car je l'ai rencontré

À l'âge de trois ans que l'on m'a raconté

Je ne m'en souviens pas j'étais bien trop petit

J'ai dit très fort «      Bonjour pape      » et il m'a souri



Mais l'amour est bien plus fort que mon handicap

L'amour est comme les eaux paisibles d'un lac

Calme, serein, il chante la chanson du bonheur

Bonheur d'aimer, bonheur d'être aimé c'est pareil

Du temps, de la patience et beaucoup de tendresse

Dans les bras de tous ceux qui m'aiment j'oublie mes peurs



Je m'appelle Vianney-Marie , je suis trisomique

Mais moi je dis que je suis un trésor unique



Bernard Francés Juillet 2014

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