Conference Anne-Marie Dubois

Conférence d’Anne-Marie DUBOIS

Fontgombault 2 Avril 2014

Anne-Marie Dubois
Anne-Marie Dubois

INTRODUCTION :
Marthe ROBIN est sans doute l’un des visages les plus fascinants du XXème siècle. Née le 13 mars 1902 et décédée le 6 février 1981, sa vie a parcouru une grande partie du siècle dernier, laissant sur son passage une traînée de lumière… Gravement malade et lourdement handicapée, sa vie, malgré les apparences, est une vie réussie et féconde.
Quel secret renferme son cœur ? Quel mystère habite son âme pour avoir touché, consolé, encouragé, relevé tant de personnes autour d’elle ? Plus de 100 000 visiteurs sont venus auprès d’elle, dans sa modeste ferme de la Drôme. Elle a reçu une grande diversité de milieux sociaux, professionnels, connu quelques-unes des personnalités les plus remarquables de son temps.
Mystique, vivant de plus en plus pour DIEU et en DIEU, elle reste profondément enracinée dans sa terre natale de la Galaure, attachée à la vie de la ferme (alors qu’elle ne peut plus bouger), gardant son bon sens paysan.
Personnellement, j’ai eu la grâce et la joie de la connaître, de la rencontrer entre octobre 1968 et septembre 1980. Lorsque je parle d’elle, c’est avec mon cœur que j’en parle et jamais sans émotion…

LA FAMILLE DE MARTHE :
Parents de Marthe Robin
Les parents de Marthe robin devant leur ferme des Moïlles à "la Plaine"
Parents de Marthe Robin
La famille que DIEU a donnée à Marthe au début du XXème siècle, ressemble en bien des points à nos familles, 100 ans plus tard. Cela explique en partie pourquoi beaucoup de personnes ont senti Marthe si proche d’elles.
Monsieur et Madame ROBIN sont des cultivateurs travaillant dur leurs 10 hectares. Ils ne pratiquent pas et vivent dans un hameau assez retiré de Châteauneuf de Galaure, où « l’on bouffe du curé » comme on dit familièrement.
Pourquoi Marthe est-elle si humaine, en réconfortant des personnes venues lui confier des situations douloureuses ?
Parce qu’elle a connu le suicide de son frère Henri et qu’elle en a terriblement souffert : « le pauvre petit, dira-t-elle, je n’ai pas su le protéger».
Parce que le bruit a couru dans le village qu’elle était l’enfant d’une union illégitime ? Quoi qu’il en soit, Marthe a dû beaucoup en souffrir...
Parce que les épreuves de santé et les difficultés économiques n’ont pas manqué chez les ROBIN et qu’elles ont rendu Marthe si attentive aux souffrances de toutes nos familles.

LES GRANDES ÉTAPES DE LA VIE DE MARTHE :
Beaucoup de livres, d’articles, ont été publiés sur Marthe, aussi point n’est besoin de retracer sa biographie, mais seulement de citer les grandes étapes qui ont jalonné sa vie…
- le 15 Août 1912, Marthe fait sa communion privée… souvenir inoubliable dans la mémoire de son cœur. Elle écrit dans son journal :
« Je crois que ma communion privée a été une prise de possession de Notre-Seigneur. Je crois que déjà, Il s’est emparé de moi à ce moment-là. Ma communion privée a été quelque chose de très doux. »
- Été 1918 : première irruption de la maladie alors que Marthe est encore une adolescente, maladie que l’on nommera plus tard « encéphalite de von Economo ». En fait, cette maladie qui va de rémissions en aggravations ne la quittera plus. Elle entraîne espoirs et révoltes, projets et déceptions brutales. La paralysie s’installera progressivement, inexorablement, avec l’impossibilité de supporter la lumière du jour.
La maladie atteignait tout l’être et en particulier la personnalité elle-même. On n’a pas seulement le sentiment d’être malade dans une partie de son corps, mais c’est tout l’être qui s’en va. La personne perd ses repères, elle peut finir pas s’autodétruire devant la violence de ce qui l’agresse. Le sens de la vie disparaît. Dès lors, on peut sombrer dans la folie ou se laisser aller dans la mort. Il a fallu que Marthe fasse courageusement le choix de la vie.
L’amour a été plus fort que la mort !
- Le 15 octobre 1925 : En la fête de Sainte Thérèse d’Avila (elle aurait aimé être carmélite) elle écrit son acte d’abandon. Cet acte d’abandon ressemble en bien des points à d’autres actes d’abandon écrits par différents saints, et pourtant il est rédigé différemment. Souvent les actes d’abandon sont écrits à la première personne : « Je te donne ma vie », tandis que Marthe écrit : « Prends mon cœur et toutes ses affections, prends ma mémoire et tous ses souvenirs.»
« Prends » et non pas : JE, car le JE est souvent effacé chez Marthe.
  • Le 3 décembre 1928 : à l’issue d’une mission paroissiale, deux Pères Capucins viennent visiter Marthe. Un événement inoubliable, mais connu d’elle seule, se passera entre sa confession et la communion : « Ma page restera blanche, dit-elle, et on ne saura qu’au ciel, ce qui s’est passé. »
Dans la nuit qui a suivi, par trois fois Jésus rassure Marthe, lui apparaît et lui demande « si elle veut bien consentir à souffrir pour les pécheurs. »
Désormais, sa vie bascule dans l’Amour et rien ne sera plus jamais comme avant.
  • A partir de 1930, elle s’associe tous les vendredis à la Passion du Christ.
  • En 1933, elle reçoit dans son cœur l’intuition de la grande révélation de l’œuvre des Foyers de Charité.
  • Et le 10 février 1936, elle reçoit la visite du Père FINET, avec lequel elle va fonder cette œuvre. C’est la naissance des Foyers de Charité.
Dans la vie de Marthe les extrêmes se rencontrent, la Croix et la Joie s’embrassent.
La vie de Marthe est faite de contrastes saisissants, sans cesse les extrêmes se rejoignent en un tout harmonieux.

1. Marthe si petite et si grande :
Sans l’avoir cherché, elle définit elle-même le grand désir de toute sa vie : « Être petit en tout, grand seulement en amour. »
Elle dit : « La petitesse, comme la simplicité, attire DIEU. Quand on est tout petit, DIEU fait tout. »
C’est la petitesse qui nous a valu cette magnifique louange de la part de JESUS : « Père, je proclame ta louange, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. »
Petite, Marthe l’est physiquement, car ses membres sont repliés par l’atrophie musculaire qu’entraîne la paralysie.
Quand on allait voir Marthe, on allait voir une petite bonne femme, couchée dans un petit lit fabriqué à ses dimensions, dans une petite chambre obscure d’une petite ferme sans prétention… On ne pouvait se sentir écrasé.
Par contre, si on se laissait faire, on était saisi par un grand amour.
Marthe ne vit que pour l’Amour, l’Amour de DIEU et celui des autres. « Jésus ne nous a pas promis qu’Il nous enlèverait la Croix, Il nous a dit qu’Il la porterait avec nous. Porter sa croix avec Jésus, ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds mais des ailes à son cœur.»
Elle est arrivée, grâce à l’Amour, à vivre un parfait oubli d’elle-même. « Je connais maintenant la joie la plus pure, celle de vivre pour les autres et pour leur bonheur. »
Elle peut dire aussi : « Que chacun de mes jours soit un doux chant d’amour. »
Marthe s’est appliquée à vivre toute souffrance avec amour. Elle n’a jamais recherché la souffrance, elle n’aimait pas la souffrance en elle-même, mais ce qu’elle aimait c’était unir sa souffrance à celles du Christ en Croix, par amour pour Lui.

2. Marthe si faible et si forte :
Faiblesse physique : celle d’un corps paralysé pendant 50 ans.
Faiblesse spirituelle : Marthe vit profondément ce qu’écrit saint Paul dans la 2ème Épître aux Corinthiens : « Je n’hésiterai pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions, les situations angoissantes. Car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. »
« Hors de moi, vous ne pouvez rien faire ! » dira Jésus. Aussi Marthe s’appuie-t-elle entièrement sur DIEU seul.
Marthe vivant l'agonie
Marthe vivant l’agonie
Sa force ? Elle la tient de 3 nourritures. Marthe, qui souffre d’une paralysie de la déglutition, ne peut absorber aucune nourriture terrestre. Mais elle tire sa force de 3 nourritures :
  • l’Eucharistie : elle connaît par expérience et en vérité ce qu’a dit Jésus : « Mon corps est la vraie nourriture. »
  • la Parole de DIEU, l’Évangile : « Jésus est le Livre des livres dans lequel j’ai tout appris. »
  • la volonté du Père : Jésus disait : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de mon Père. »
Et Marthe comme en écho répétait : « Il me semble que l’attitude la plus sage sur terre, est le complet abandon dans les bras du Père et cet abandon confiant est la meilleure preuve d’amour que nous puissions Lui donner et le meilleur moyen de nous assurer la Paix. »
Sa force ? Elle la puise aussi dans la prière.
  • Voici comment Marthe définit la prière et ses bienfaits : « Prier, c’est respirer le Bon Dieu… » « C’est un soupir d’amour ! »
« La prière est pour l’âme ce qu’une pluie régulière est à un jardin que dessèchent les rayons ardents du soleil ; elle lui donne et lui maintient la fraîcheur du ciel dont elle a un besoin constant. Qu’il est doux de prier quand on aime ! »
  • Elle en connaît la nécessité :
« Si l’on me demandait : que vaut-il mieux faire, l’oraison ou la Sainte Communion ? Les deux sont vivement à conseiller. Mais s’il faut porter une préférence, je crois que je répondrai l’oraison, car l’oraison est une disposition et une préparation immédiate à le Sainte Communion… Il en coûte plus pour faire oraison que pour communier… L’oraison demande beaucoup plus d’efforts. »
  • Elle nous dit encore les conditions pour être exaucés :
« Ma prière demande, frappe à la porte du tabernacle, du Ciel et de la terre, mais faites Seigneur, qu’elle parte d’un cœur pur, humble et sanctifié. »
« Les saints savent prier parce qu’ils sont pleins de DIEU, nous ne savons pas prier parce que nous sommes pleins de nous-mêmes. »

3. Marthe si immobile en son corps et si mobile en son cœur :
Incapable de bouger, Marthe voyage sans cesse dans sa tête et dans son cœur… Partout dans le monde, où elle entend parler de guerre, de famine, de persécution, elle se rend présente :
« Jésus m’a donné un cœur pour aimer un monde. »
On est touché d’entendre cette femme entièrement paralysée s’écrier : « La terre est trop étroite à mon amour ! »
Bien loin de se replier sur elle-même, de se plaindre, son cœur palpite partout dans le monde. C’est alors qu’elle reçoit l’intuition de fonder les Foyers de lumière, de charité et d’amour.
Les Foyers de Charité sont des communautés de baptisés, prêtres et laïcs, rassemblés pour former la famille de DIEU sur la terre : frères et sœurs unis autour d’un prêtre, le Père du Foyer, sous la conduite d’une Mère, la Vierge Marie.
Ils reposent sur 4 piliers :
  1. La communion des deux sacerdoces : ensemble sur le chemin de la sainteté et de l’amour, prêtres et laïcs s’entraident mutuellement à vivre en plénitude leur sacerdoce respectif, le sacerdoce ministériel des prêtres et le sacerdoce commun des baptisés. Ces deux sacerdoces sont indissociables l’un de l’autre et complémentaires, comme les battements de notre cœur. Le cœur sacerdotal de Jésus bat au rythme de ces deux sacerdoces. (C’est ma manière personnelle d’exprimer ce que je ressens devant la beauté de cette communion des deux sacerdoces…)
  2. L’union de la famille, toujours à refaire dans le don de soi et le pardon. C’est le Père du Foyer qui est le garant de cette unité. C’est par lui et avec lui qu’elle se refait chaque jour !
  3. La consécration à Jésus par Marie, faite solennellement au cours d’une Eucharistie, et pour la vie entière dans l’œuvre des Foyers, consécration renouvelée chaque matin.
  4. La mission première qui est l’annonce de l’Évangile au cours de retraites de 5 jours. Le prêtre donne la Parole (lumière), la communauté s’efforce de vivre la Parole (charité) et offre toutes ses actions pour la conversion des retraitants (amour).
Des Foyers de Charité, Jésus lui-même en a donné à Marthe la plus belle définition qui soit : « Je veux que chaque Foyer soit :  »LA MAISON de MON COEUR OUVERT à tous » ».

1. Marthe si ordinaire et si extraordinaire :
En apparence, c’est une femme si ordinaire, sans instruction (elle n’a pas eu le certificat d’études, étant malade ce jour là), qui n’a pratiquement jamais quitté sa ferme…
Et pourtant elle est si extraordinaire par toutes les connaissances qu’elle a dans bien des domaines. Elle est parfaitement au courant des avancées de la science, de la médecine. Elle connaît la teneur des lois qui risquent d’être promulguées.
Concrète, elle me donne la description de la voiture que le Père du Foyer devrait m’acheter pour circuler dans la campagne bretonne !
Mystique, elle étonne les théologiens par sa connaissance de DIEU.
Douée d’une mémoire du cœur prodigieuse, elle me rappelle les confidences que je lui ai faites dix ans auparavant, au sujet d’un membre de ma famille !

2. La Croix et la Joie s’embrassent :
Marthe disait :
« Ma vie est un rosaire, un doux rosaire d’amour, et si les mystères douloureux sont ceux de tous les jours, il n’en sont pas moins divinement embaumés des mystères joyeux et glorieux. »
Elle écrit dans son Journal :
« Ainsi suis-je en même temps au Thabor et au Calvaire. Je gémis encore, c’est vrai, mais c’est moins de douleur que d’amour… Ô grâce d’union et de séparation, de consolation et d’affliction. Grâce qui tient liés, ensemble et tout à la fois, deux excès, deux abîmes, l’un de bonheur, l’autre de douleur, l’un de clarté, l’autre de ténèbres et donne le démenti à cette maxime de la sagesse humaine, que deux contrastes sont incompatibles dans un même sujet… Le dénuement et la possession se rencontrent, la joie et la tristesse sans se mêler, sans se nuire et sans se confondre produisant tous et chacun son effet. »
Beauté et richesse de la vie intérieure de Marthe – sa vie spirituelle
La vie spirituelle de Marthe, c’est la beauté d’un diamant, riche de ses multiples facettes.
  • Le cœur de JÉSUS : C’est là que Marthe habite en permanence.
Elle écrit : « Le cœur de Jésus en croix est la demeure inviolable que j’ai choisie d’habiter sur la terre. »
Et lorsque nous la quittions, après une visite, elle disait : « A tous les jours dans le cœur de DIEU ! »
  • L’enfant du Père : De la grâce incomparable reçue au baptême, Marthe vit profondément.
« Un véritable enfant de DIEU, a DIEU pour Père et Marie pour Mère » dira-t-elle. Très tôt, elle a compris toute la tendresse infinie du Cœur de notre Père, et « sa miséricorde qui surpasse toutes ses œuvres » comme elle le dit en s’émerveillant. Cela lui fait désirer de rencontrer un prêtre, qui devienne son père spirituel.
Marthe a expérimenté ce qu’est la paternité spirituelle, reflet de la paternité de DIEU. Elle sera une des grandes initiatrices du retour au Père.
  • « Être un autre Jésus pour le Père », cela découle de ce désir d’être l’enfant du Père.
« Un autre Jésus pour le Père », c’est sa vocation.
Elle écrit : « Après des années d’angoisses, de doutes, de péchés, de déchirements profonds, j’ai osé, j’ai choisi le Christ Jésus pour guide et pour modèle. »
  • Les bras de Marie : Marthe appelle Marie sa Maman Chérie. Elle l’aime d’une grande tendresse, mais si elle va vers Marie, c’est pour aller encore mieux vers Jésus.
Sa devise est : « Toute à JÉSUS par MARIE »
Une fois, elle écrit : « Quand je sens venir en moi un sentiment d’épouvante, je me blottis bien vite dans les bras si maternels de la Vierge Marie et là, bien doucement sur son cœur, je fais un acte de confiance et d’abandon aux Trois Personnes Divines. »
Marie n’est pas un but en elle-même, Elle est pour Marthe le moyen privilégié pour aller vers DIEU.
Elle a eu à partir de 1921, des apparitions de Marie comme Médiatrice et elle en a donné une description en 1942 : « Son visage est d’une beauté incomparable, (on ne peut pas décrire les traits de la Vierge parce qu’ils sont tous parfaits), il est doucement lumineux, rien d’éclatant et c’est plus beau. La Vierge émerveille par sa beauté, dans son attitude, dans son geste, mais elle m’attire et elle m’emporte. On n’a pas la pensée de se mettre à genoux, de tomber à genoux à son apparition, mais de voler vers Elle, non pas pour lui demander, mais dans un sentiment de reconnaissance et d’amour. »
  • L’Eucharistie, centre et sommet de la vie de Marthe.
Marthe reçoit la communion une fois par semaine, le mercredi soir et tous les jours de la semaine sont orientés vers ce Grand Jour. Avec quel soin, quelle délicatesse Marthe prépare son cœur dans les jours qui précèdent et avec quelle reconnaissance elle pense à ce Grand Jour.
« Une communion faite sans préparation et sans action de grâce est de bien peu d’utilité pour l’âme » confie-t-elle.
Toute sa semaine est orientée « vers le plus grand des bonheurs », selon ses propres mots…
Mardi : « demain je vais recevoir Jésus. »
Mercredi : aujourd’hui, « c’est le Grand Jour, je demande à ma Mère Chérie de se tenir à la porte de mon cœur pour recevoir elle-même son Jésus. »
Jeudi : hier, j’ai reçu Jésus, « le cœur de Jésus a battu dans mon cœur. »
Marthe ne peut assister à la Messe (à son époque, seuls les prêtres de saint Camille pouvaient dire la messe dans une chambre de malade) mais la vie de Marthe est une Messe continuelle… Un livre publié à son sujet s’intitule « La longue Messe de Marthe Robin ».
L’autel ? C’est le lit de Marthe… La victime, c’est Marthe immobilisée par la paralysie, ligotée comme le jeune Isaac sur le bûcher… A la suite de saint Paul, Marthe dit : « Offrez-vous comme des hosties vivantes ». Le prêtre ? C’est encore Marthe.
« Ma souffrance, je l’aime comme elle est. Au lieu de me laisser absorber par elle, je la dépasse, je l’oublie, j’en fais abstraction si je puis dire ; ou plutôt, je la prends dans mes mains, comme le prêtre à la Messe prends l’hostie qu’il consacre et je prononce sur elle le  »oui » joyeux, témoin de ma foi en l’Amour de Celui qui la donne. »
Une autre fois, elle dira : « De mon Dieu je suis le calice » et dans ce calice, Marthe dépose sa souffrance vécue en union avec Jésus pour le salut des âmes, toutes les souffrances qui lui sont confiées et le calice est plein jusqu’au bord.
Il ne manque plus que les chants pour accompagner cette Messe ? Marthe dit : « J’invite tous les Anges et les Saints à chanter avec moi des cantiques de louange et d’amour ! »
  • Marthe est fille de l’Église :
Marthe est fille de l’Église parce qu’elle est avant tout fille de DIEU.
Elle l’est également dans son obéissance parfaite à l’Église.
Elle l’est par cette place privilégiée que le sacerdoce occupe dans son cœur. Un jour Jésus lui a dit : « Mes prêtres, mes bien-aimés prêtres, ma Mère et moi les aimons tant. Offre-toi au Père avec Moi pour eux. »
Et Marthe nous a entraînés dans cette prière d’offrande en faveur des prêtres.
  • Le « bel aujourd’hui de DIEU » :
Marthe vit intensément l’instant présent. Pas de retour stérile en arrière, pas de projection sur l’avenir car il appartient à DIEU.
Un jour, je confiais à Marthe toute mon inquiétude au sujet d’un Foyer étranger où je me trouvais alors et avec vivacité, Marthe s’est exclamée : « Mais Anne-Marie, hier n’est plus, demain n’est pas encore, vivez donc dans le bel aujourd’hui de DIEU ! »
Elle nous enseigne la valeur de la moindre minute vécue dans l’Amour. « Chaque minute donnée à DIEU par amour est un pas vers la sainteté. »
« Chaque minute qui passe me donne DIEU… chacune de ces minutes doit me trouver tout à Lui. »

CONCLUSION : Une vie réussie et féconde malgré les apparences
Qu’avait donc Marthe de si attirant pour que plus de 100 000 visiteurs soient venus la rencontrer dans une ferme de la Drôme ? Qu’a-t-elle de si fascinant pour que tant de pèlerins se rendent à sa petite maison de La Plaine, que des cars entiers s’y arrêtent, alors qu’elle nous a quittés depuis plus de 30 ans ?
Elle a atteint sur la terre un tel degré d’oubli de soi, qu’elle a été remplie de DIEU, si bien qu’en allant la voir, on entrait en contact avec DIEU même, en l’approchant, on touchait DIEU. Alors qu’elle nous a quittés pour le ciel, sa présence est palpable dans sa chambre, grâces et faveurs sont données comme par le passé, sa renommée se répand…
Marthe nous montre que malgré une grave maladie, un lourd handicap, on peut réussir sa vie, ce qui va à l’encontre de la pensée moderne. En Jésus, elle a trouvé le sens profond de sa vie. Inutile en apparence, elle a sauvé des vies humaines, en les écoutant, les réconfortant, les consolant, les relevant…
La fécondité de Marthe ne peut s’évaluer ! Elle a les dimensions même de l’Amour : la hauteur, la largeur, la profondeur. Alors que des lois en faveur de l’euthanasie des mineurs sont à l’étude en France et déjà votées en Belgique, que se serait-il passé si l’on avait supprimé notre petite Marthe, lorsqu’elle se trouvait inerte, dans un état de léthargie pendant des mois ? Il n’y aurait pas eu dans le monde la richesse incomparable de 75 Foyers répandus sur la terre et l’influence de tous ces Foyers par le nombre incalculable de retraitants venus boire à la source même de Dieu.
Marthe est une femme accomplie ! La plus accomplie des femmes est, bien entendu, la Vierge Marie… et dans son humilité, Marthe n’aimerait pas qu’on la compare à la Vierge Marie. Et pourtant, Marthe est vierge, épouse et mère !
• Vierge, de cette virginité du cœur qu’elle nous enseignait : « Ô mon doux Jésus, rien que toi seul toujours. Sois vraiment à ma vie son amour et son Tout. » Elle ne gommait pas les affections humaines, loin de là, mais elle les vivait en DIEU et pour DIEU.
• Épouse : dans son Journal Intime, il y a des pages nuptiales, Marthe est amoureuse de Jésus : « Venez, ô mon bien-aimé, votre petite épouse vous désire… elle se donne à Vous dans tout son être ! »
• Mère : elle l’est par toutes les personnes qu’elle a rendues à la vie, enfantées à la vie spirituelle. Elle a tellement prié pour obtenir des naissances jugées difficiles, voire impossibles, et qu’elle n’est pas sa joie quand on lui amène, un bébé tout contre elle !
Jésus avait dit à Marthe : « Je veux faire de toi une flamme de cet incendie que je veux allumer sur la terre. »
Un jour (au Jour que Dieu a choisi de toute éternité) cette vive flamme d’amour qu’est Marthe se joindra à toutes les flammes d’amour des Saints que nous connaissons, que nous vénérons, et la terre entière sera embrasée du Feu de l’Amour divin.


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