Théologie du handicap

Ce "post" sur la théologie du handicap est resté longtemps à l'état d'ébauche ... et l'est encore !
Non pas tant par manque de matière que par crainte de mal - traiter ce sujet qui pourtant devrait être central au propos de ce site, car il rejoint  l'idée fondatrice même de la Fraternité ND de l'Etoile et qui est - nous le croyons de plus en plus profondément - tout à fait d'actualité dans les "temps" que nous vivons aujourd'hui.
La pensée fondatrice elle-même étant de Jean Vanier et vous la trouverez ici sous le titre "Evangélisation par les faibles"

Il aurait peut-être suffi de citer ce merveilleux livre, très complet et lumineux de Emmanuel Belluteau : "Quand la Bible parle du handicap"
Ou encore pour les hispanophones de présenter ce témoignage

On aurait pu ausi (et on a bien l'intention de le faire) publier des notes prises au cours des enseignements pendant la retraite "Bien aimés de Dieu" à La Sainte Baume et qui rassemblait des familles ayant accueilli des enfants trisomiques ...
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On a aussi mis en ligne ici un "essai" rédigé" par un des bénévoles qui intervient régulièrement pour la catéchèse hebdomadaire des "compagnons de l'Etoile".

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Mais cependant le père d'un des compagnons de l'Etoile s'est lancé pour écrire ces quelques lignes supplémentaires ...

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D'abord une réflexion, en forme de boutade sympathique, mais peut-être plus profonde qu'il y parait :
"Les personnes trisomiques ont, pour leur chromosome 21, hérité l'un de leur père et l'autre de leur mère mais le troisième chromosome - surnuméraire ! - ne serait-il pas un héritage direct spécial de Dieu ?
Je ne sais d'où vient cette boutade que l'on est en droit de trouver sacrilège ou ridicule ...  mais qui donne cependant à réflechir ...
La tri-somie est, on le sait, à l'origine de dérèglements divers des fonctions somatiques un peu comme une essence d'origine douteuse peut enrayer le fonctionnement de moteurs thermiques. Et de fait un grand nombre de fonctions motrices, intellectuelles, sensorielle ou autres sont altérées de façon plus ou moins catastrophiques chez les trisomiques. Mais ne peut-on pas constater aussi que cette "essence" particulière, "dénaturée" qu'est le chromosome 21 induit  au contraire dans certains domaines spécifiques une aptitude spécifique, en particulier pour tout ce qui est spirituel ? Je comprends que l'on puisse ne porter qu'un crédit prudent à cette hypothèse formulée par le père d'un jeune trisomique  qui naturellement cherche à voir le meilleur dans ce qui est hélas d'évidence un "handicap" au moins dans la vision et dans le référentiel habituel de l'autonomie sociale de notre monde. A force de vivre avec, et parce que l'on est le père, on finirait par ne voir que le positif ...
Mais en méditant j'ai cependant l'audace d'aller jusqu'à proposer l'intuition de quelque chose de plus profond encore. Si la trisomie se traduit couramment par un déficit d'inné, par une difficulté à acquérir des choses naturellement semées  dès la conception dans les réflexes de personnes "ordinaires", il y a aussi des penchants, des inclinations, des réactions négatives chez l'homme que l'on retrouve moins ou même pas du tout chez l'enfant trisomique. Certes la marque du péché est commune à toute l'humanité, mais n'y aurait-il pas de la part du Créateur, qui nous aime chacun, personnellement, d'un amour infini, d'un amour de "prédilection", n'y aurait-il pas une sorte de re-création mystérieuse de l'humanité chez ces personnes trisomiques ? Que l'on pardonne ces lignes si elles sont sacrilèges, qu'on les pardonne surtout  si elles blessent quiconque en semblant sous-estimer le drame de tout handicap...
Mais cet héritage, cet inné limité mais épuré parfois, mystérieusement spécifique que l'on découvre chez la personne trisomique ne mérite-t-il pas - d'être admiré avec toutes ses facettes les plus lumineuses comme les plus sombres qui cependant réflètent toujours un peu de lumière ? Ceci n'est qu'une intuition bien mal et maladroitement formulée, mais ne rejoint-elle pas au fond la réflexion plus théorique et fouillée de Mr Pigé sur l'enfant trisomique, ce trésor d'humanité ?
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Une autre réflexion part d'une constatation faire par Jean Vanier à la lecture de l'Evangile de Saint Jean : Lazare n'aurait-il pas été trisomique ?
De fait, il est curieux que l'on ne parle pas de Béthanie, cet endroit où habitaient deux soeurs et un frère en disant "chez Lazare" ce qui aurait été normal dans la société de l'époque, mais bien plutôt chez Marthe et Marie, où habitait leur frère ... Ne serait-ce pas parce que Lazare était handicapé, "incapable" d'être le "chef de famille" ? Et quand on annonce à Jésus que Lazare est malade,  que penser de cette réaction "Cette maladie est pour la Gloire de Dieu afin que le Fils de l'Homme soit glorifié par elle" ? Est-ce uniquement parce que Jésus savait d'avance qu'il allait le ressusciter ? 
Et que penser de la conclusion, un peu plus tard : "Ils cherchaient aussi à tuer Lazare car beaucoup, à cause de lui, s'en allaient et croyaient en Jésus" ...  N'était-elle pas d'actualité si on associe Lazare à tous ces enfants dont on "réussit" à éliminer 96 % d'entre eux.

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